Voilà, on s'est partagé ton vin. Un peu à contrecœur, mais depuis le temps que mamie nous le demandait... Un peu au hasard aussi. Tu aurais dû nous voir, tous les trois, assis par terre devant le cellier, ne sachant pas comment procéder.
Papa, qui t'a tant fait aller avec ta cave et son héritage, n'a finalement pris que quelques grands crus et nous a laissé le soin du partage. Laurent a emporté les vins italiens. Les rosés que je t'avais offerts, et que tu n'as hélas pas eu le temps de découvrir, me sont revenus. Quant au reste, il a été réparti un peu au petit bonheur, du vin de pays que tu affectionnais particulièrement aux derniers millésimes.
Évidemment, on a pas pu s'empêcher de faire les imbéciles Laurent et moi, tu nous connais, quand on est réunis... N'empêche, c'était un rire nerveux qui nous parcourait. C'est que, même si on n'en a pas parlé, il n'y a pas que les bouteilles qui ont été remuées, cet après-midi-là... Tu nous manques tellement.
Ce soir, ce n'est pas un thé blanc, vert, noir ou fruité que je déguste en gribouillant les quelques lignes que je voudrais plus régulières, mais un de tes Côtes du Rhône. Je ne lui connaissais pas une telle amertume.
dimanche 9 septembre 2007
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